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JOURNAL DE BORD EN HP

  • Photo du rédacteur: W.I.P
    W.I.P
  • 11 oct. 2021
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 août 2025



Le premier sujet traite d’une expérience qui m’a donnée le courage d’officiellement commencer mon blog.


Une expérience que j’ai vécu ;

Une expérience que je n’aurai jamais pensée voir autre part que dans un reportage, dans un film basé sur de faits réels ou même encore dans un livre.

Mais j’y étais.


| DISCLAIMER | l'hôpital ne sera pas cité, par question d'anonymat; évidemment.


Premier jour,

Première fois.

Mercredi 29 septembre 2021


Mes premières impressions ont été désastreuses.

Lorsque l’infirmière – au passage, très gentille – m’a amené dans mon unité, l’unité 17, que je n’oublierai jamais.


Premier choc, cette unité est fermé à clé, à triple tour limite.

Logique me diriez-vous, mais sur le coup, je suis prise de court.



Elle me dit d’attendre dans la « salle d’attente » qui n’est ni plus ni moins que le hall et le réfectoire des patients, déambulant devant moi. Ils essaient, pour certains, de m’adresser la parole mais sous traitement, certainement puissant, il est difficile d’articuler et de se faire comprendre. Je me retrouve dans une position d’effroi, de malaise et de réalisation ; je vais séjourner ici, moi aussi.


Deuxième choc, l’infirmier m’appelle enfin pour rejoindre le bureau après des minutes qui m’ont semblé des heures, me fait m’asseoir pour faire l’inventaire. L’inventaire ?

Je me vois, petit à petit, sac et valise vidés devant moi, dépossédée de tout biens personnels, mes chargeurs et autres objets électroniques ne sont pas autorisés pour le moment (ordinateur, switch, casque audio) en attente de la décision du médecin à ce propos, qui finalement, n’arrivera jamais.

Je suis ensuite emmenée dans ma chambre. Une pièce froide, blanche et étroite, avec un lit – obviously – une petite table, un petit meuble et une grande fenêtre.


Pour les fumeurs, bonne nouvelle ! Nous avons accès à un patio, mais les briquets étant interdits, pour allumer ladite cigarette, il faut être stable, et pour mes 1m57, avoir un bon équilibre parce que l’allume cigare se résume à un petit trou et un interrupteur.. en hauteur.


Une fois arrivée dans la chambre, à l’instant où l’infirmière referme la porte derrière elle, me laissant là, une énorme crise de panique se fait sentir, d’incontrôlables sanglots montent à une vitesse record.


C’est un choc bien plus grand que ce que j’imaginais.



Je suis sur mon lit, dans un silence pesant et je décide d’écrire tout ça à ce moment-même pour être sûre de ne jamais oublier l’effroi total que je suis en train de ressentir.

Je suis terrifiée, seule et sobre.

Je n’attend qu’une seule chose, sortir d’ici au plus vite.



Deuxième jour,

Jeudi 30 septembre 2021



Simple, but effective : je n’ai que très peu de souvenirs, je n’ai fais que dormir et vomir. yikes.


Troisième jour,

Vendredi 1 octobre 2021


Je n’arrive vraiment pas à me faire à la fenêtre sur la porte de ma chambre, je me sens comme privée de toute intimité.

De plus, écrire devient de plus en plus difficile, la faute au traitement, car je suis dans les vapes la grande majorité du temps et rester sur mon téléphone me rend la vue floue et mes gestes sont clairement ralentis.

A ce moment-là, je passe mes journées à prier pour rentrer chez moi le lundi suivant, pour qu'il ne me reste qu'un weekend à supporter. C'est possible ça, non ?

Et bien, figurez-vous que oui ! Mais nous y reviendrons.


Pendant mon séjour, mes règles de visites sont simples : une visite d'une heure maximum dans la journée avec deux personnes, pas plus, et on reste dans la chambre. Interdiction de sortir, même pour un bâton de nicotine entre copines, car oui, ma meilleure amie est venue malgré mon état de fatigue, et malgré ses deux heures de transports.



THUMBS UP FOR HER


Quatrième jour,

Samedi 2 octobre 2021.


Je n'irai pas jusqu'à dire que je m'habitue, mais c'est déjà un peu moins dur à gérer car j'aurais très bientôt ma date de sortie, et pourtant, cette journée me paraît être la plus longue depuis que je suis ici. Les heures ne passent pas, l'ennui m'envahi, le sommeil refuse de me prendre dans ses bras pour me faire passer le temps, ne serait-ce que quelques heures ; mais rien.


Outre l'impression que je deviens folle, cloîtrée dans ma chambre. Je ne suis toujours pas à l'aise en dehors, que pourrai-je faire de plus que marcher ? Je fais déjà les cents pas dans mon 10m² à peine. Je me surprend même à attendre avec impatience d'aller faire la queue pour la distribution des traitements.

HELP

Cinquième jour,

Dimanche 3 octobre 2021.


Je me sens bien mieux aujourd'hui, les médicaments commencent sûrement à s'adapter, ils semblent moins forts - ce n'est qu'une impression - mais je m'ennuie toujours autant.

C'est en ce jour que je me suis sentie prête à écrire à travers ce blog, je suis prête à revenir sur le droit chemin, je veux aimer vivre et vivre l'amour et la joie chaque jour malgré les problèmes et tout ce qui s'en suit. Je veux et je vais vivre ma vie comme bon me semble.

Grâce à l'écriture, la musique, les films, les jeux vidéos…


Si je sors demain, je me jure de revivre pour de bon.


Cette journée fût la meilleure de toutes, j'ai beaucoup échangée avec les autres patients, nous avons partagés le goûter, en terrasse sur le patio, soleil, musique et il y avait même une infirmière qui était de la partie le temps de consommer son bâton de nicotine.

Ce fût un moment joyeux et inoubliable.




Sixième jour,

Dernier jour,

Lundi 4 octobre 2021


Encore dans l'ignorance de ma sortie prévue, cette journée est stressante et très très trèèèèèès longue. Oui, j'en abuse, c'est pour que vous réalisiez qu'elle me paraît un mois au lieu de deux petites heures sur le moment.


Au final, je me rend dans le cabinet de mon médecin qui me dit qu'il n'est pas contre une sortie le jour même, j'en aurais pleurée de joie.


Je suis retournée à ma chambre préparer le peu d'affaires que j'avais et l'attente a commencée jusqu'à ce que…


Mon frère, tel un sauveur, vint me chercher et je fût enfin libre comme l'air.



Je donne un air dramatique à cette fin, mais sachez que cette expérience était nécessaire, c'était difficile, mais je ne blâme en aucun cas l'établissement, le personnel, ou encore les patients qui m'ont mis à l'aise du mieux qu'ils pouvaient. Merci à eux, et bonne continuation !


2 commentaires


Sigot Laurine
Sigot Laurine
11 oct. 2021

Je te l'ai déjà dis mais tu as été super courageuse, Angel.

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Menone
Menone
11 oct. 2021

Je ne sais pas pourquoi tu y es allée, mais je suis très contente pour toi que ça t'ait redonné le goût de vivre en sortant. Bon courage à toi ♡

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